Do you speak English ?

Combien de fois avez-vous dit ou entendu cette question en entretien ? S’il n’est pas facile d’y répondre, il est parfois encore plus difficile d’interpréter la réponse… Si la langue de Shakespeare est devenue incontournable dans la plupart des activités professionnelles, le système scolaire français n’encourage pas réellement son apprentissage. Pour un Français qui veut se lancer sur le marché du travail sans un minimum de compréhension c’est un peu comme disait un certain comique comme « commencer une partie de Scrabble avec que des W » !

En tant que recruteur spécialiste des profils multilingues, je vais essayer de vous apporter quelques indications. Quelque soit votre niveau d’Anglais ou le niveau requis pour le poste, comment aborder ce sujet ?

Le niveau d’Anglais affiché sur le CV

Scolaire – Intermédiaire – Maîtrise – TOEIC – Bilingue… La plupart de ces libellés sont faux ou mal utilisés. J’ai vu des personnes ayant un niveau proche du bilingue se contenter d’indiquer « scolaire » comme des personnes pouvant à peine compter en Anglais indiquer bilingue !

Premièrement, ne mentez pas. Vous pensez que mentir sur votre niveau en l’embellissant peut vous permettre d’obtenir un entretien, et que votre personnalité et vos incroyables compétences vous permettront d’impressionner le recruteur lors de l’entretien de toute façon ? C’est inutile, ça ne marche pas. Et quand bien même vous arriveriez à faire illusion (ce qui est extrêmement rare), vous vous mettriez en difficulté dès la prise de poste.

De même, il ne faut pas vous sous-estimer. Si je recrute pour un poste requérant un niveau « courant », j’exclurai d’office les CVs des candidats indiquant avoir un niveau « scolaire ». C’est difficile à entendre mais c’est malheureusement ainsi : on ne peut pas se permettre de contacter tous les candidats pour vérifier leur Anglais au moins par téléphone, et ce pour des contraintes de temps évidentes. Ne passez pas à côté de votre chance !

Mais encore une fois, si vous n’avez pas le niveau, inutile de mentir sur le CV, vous perdriez votre temps et feriez en perdre également au recruteur si votre niveau réel ne correspond pas à celui que vous annoncez.

Alors si vous avez des doutes sur la façon dont vous devez vous positionner, mettez-vous en situation ! Demandez à un ou plusieurs contacts anglophones de vous juger en toute honnêteté.

Egalement, n’oubliez pas qu’il s’agit là d’un contexte professionnel : on parle bien de votre CV et donc de votre capacité à utiliser l’Anglais au travail. Le fait de pouvoir converser au pub ou de le pratiquer en vacances ne va pas vous aider, et n’intéressera pas votre employeur.

Concernant les TOEIC, TOEFL ou autres… certains employeurs le demandent mais dites-vous que si c’est requis, c’est que le niveau d’Anglais demandé n’est pas élevé. Avoir un scoré très élevé au TOEIC ne fera pas de vous un anglophone, et la plupart des personnes qui l’ont n’ont pas un Anglais courant.

A l’inverse, les personnes ayant réellement un bon niveau d’Anglais ne prennent pas la peine de le passer, puisqu’elles n’en ont pas besoin.

Pour vous aider, voici une « échelle » pour positionner votre niveau d’Anglais (notez que cela fonctionne également avec d’autres langues)

Notions / Basique – Vous savez le basique pour partir à Londres et acheter une carte postale. Bien, autant ne pas le mentionner…

Scolaire – Vous avez appris l’Anglais à l’école comme toutes les personnes qui ont suivi le parcours scolaire obligatoire. Personne ne connaît vos notes ni votre prédisposition à parler Anglais, bref ça ne dit en rien que vous pouvez utiliser l’Anglais dans le cadre du travail, si ce n’est que l’on peut supposer que vous ne pouvez pas l’utiliser.

Intermédiaire – Vous ne parlez pas couramment Anglais mais vous avez une certaine affinité avec la langue et êtes allé au-delà de cours d’école. C’est bien, vous êtes sur la bonne voie, mais ce n’est pas encore suffisant pour l’utiliser au travail.

Technique – Cette mention n’est pas valable pour tous les CVs, mais certaines professions requièrent uniquement une compréhension des termes techniques usités. Si vous connaissez cette notion, je n’ai pas besoin de m’étaler ; si vous la connaissez pas, c’est qu’elle vous est inutile.

Courant – Vous parlez couramment Anglais, vous pouvez suivre une conversation et dialoguer sans chercher vos mots. Bref, vous êtes bon pour le service !

Bilingue – Vous avez passez minimum 5 à 10 ans dans un pays anglophone et votre niveau est très proche du niveau natif. La seule différence qu’il y a entre un Anglais et vous repose sur des subtilités d’ordre culturel.

Natif – Il n’y a rien à redire, puisque l’Anglais est votre langue maternelle. Attention cependant, votre niveau d’écrit compte également ! Veillez à travailler votre grammaire.

Un dernier conseil, et ce sera celui du psychologue : ne mettez sur votre CV que les langues ou compétences qui sont réellement utilisables dans un cadre professionnel. On a souvent envie de mettre qu’on a des notions de Japonais parce que l’on a passé une semaine à Tokyo et que l’on a réussi a commander son café tout seul grâce aux conseils lus dans un guide touristique, mais abstenez-vous.

Voyez-vous, l’esprit ne fonctionne pas par addition lorsqu’il s’agit de juger une personne, il fonctionne par moyenne.

Concrètement, lorsque l’on lit un CV et que l’on voit deux compétences dont la valeur n’est pas la même, l’appréciation de la compétence générale d’un candidat sera la moyenne des deux valeurs. Prenons un exemple concret, sur un CV on lit :

Anglais – Courant

Espagnol – Notions

Si « Courant » représente « +++ » et « Notions » représente « + », on ne lire pas « ++++ », mais bien « ++ ». Pour résumer, en ajoutant sur votre CV des compétences qui ne sont pas utilisables en milieu professionnel, ou bien plus généralement des compétences qui sont beaucoup moins fortes que les autres, vous abaissez votre niveau global aux yeux de la personne qui portera un jugement. Tenez-vous en donc à vos points forts !

Le niveau annoncé en entretien

« Je suis intéressé par une opportunité à l’international pour pouvoir améliorer mon niveau d’Anglais ». Cette phrase, utilisée de manière excessivement régulière par les candidats lors des entretiens, est à bannir. Si le recruteur entend ça il vous répondra : « Vous voulez apprendre l’Anglais ? Très bien, allez vous payer des cours de langue ».

Gardez à l’esprit qu’un employeur vous embauchera pour vos compétences. Il va vous payer en l’échange de l’exercice de vos compétences. Donc s’il a besoin de quelqu’un qui parle Anglais maintenant, il ne va pas vous prendre vous pour vous former pendant 3 mois, si le candidat voisin a déjà le niveau recherché.

« Je m’adapte vite » est à bannir également. Tous les candidats le disent, si bien que c’est devenu un lieu courant et que cet argument n’a plus aucune force. Et quand bien même vous vous adapteriez extrêmement vite, si vous vous retrouvez dans une réunion avec un Ecossais, un Irlandais et un Australien, vous regretterez vite d’avoir pris ce poste si vous ne parlez pas Anglais.

Si vous tenez vraiment à accéder à ce type de poste, faites les choses dans l’ordre : prenez des cours, partez par vous-même à l’étranger pour quelques mois, apprenez la langue et revenez devant l’employeur. Là, vous aurez quelques chose à apporter.

Conseils pour améliorer votre Anglais 

–       Prenez des cours, c’est évident.

–       Vous pouvez obtenir une formation en Anglais par le biais du DIF, pour plus d’infos à CLIC !

–       Partez en immersion dans un pays anglophone.

–       Regardez des films ou des séries TV en V.O. avec les sous-titres Anglais : ça ne va pas nécessairement vous apporter le vocabulaire professionnel, mais ça vous aidera à enrichir votre vocabulaire et vos structures grammaticales.

–       Lisez en Anglais : c’est très fatigant pour le cerveau au début, mais c’est utile pour les mêmes raisons que celles que nous venons d’évoquer.

–       Pratiquez, pratiquez, pratiquez ! Vous connaissez très certainement des personnes dans votre entourage qui sont anglophones (préférez des personnes de « bon niveau »), elles seront certainement très contentes de vous aider en pratiquant elles-mêmes leurs langues.

Good luck ! 

8 réflexions au sujet de « Do you speak English ? »

  • Bonjour,

    Il serait peut-être utile de signaler une pratique qui a tendance également à se répandre: la surévaluation du niveau d’anglais nécessaire pour un poste.

    En tant que « natif », je serais naturellement attiré par les offres indiquant « anglais indispensable », « anglais courant exigé », ou encore « anglais professionnel obligatoire ».
    Cependant, demandant systèmatiquement en entretien la proportion du travail international/en anglais compris dans le poste annoncé, il s’avère que le besoin réel d’anglais pour le poste en question est souvent en fait très faible – ainsi éliminant un des atouts majeurs pour un natif (si le poste avait réellement était international), et réduisant nettement son intérêt.

    Conclusion: recruteurs, merci d’identifier en interne les besoins réels d’anglais (ou de tout autre langue étrangère) pour le poste, et de rédiger l’annonce en conséquence 🙂

    Cordialement,

    • Cet article est toujours d’actualité. Pour ma part j’ai toujours eu un niveau bien supérieur au niveau nécessaire pour les postes auxquels j’ai été recrutée. Je ne sais pas comment caractériser mon niveau car « courant » est souvent utilisé par des personnes ayant un niveau moins bon, tandis que bilingue est trop fort pour mon cas (surtout que j’utilise de moins en moins l’anglais au travail et me tiens à niveau uniquement à l’écrit grâce à mes lectures).

      • Bonjour Aurore,
        Merci pour votre commentaire.
        Il est très difficile de se jauger sois-même, mais il est certains que certaines personnes sous-estiment leur niveau de langues quand beaucoup le surestiment.
        Bon courage !
        Jean-Marie

  • Cela me rappelle une blague. C’est un Français qui souhaite prendre des cours d’anglais. Il regarde dans le journal local et voit : London Institute, pour 1000 euros vous devenez ‘fluent en anglais’. C’est attractif pense-t-il mais 1000 euros c’est cher pour apprendre l’anglais. Il regarde un autre institut de formation qui affirme que pour 100 euros vous devenez bon en anglais. C’est mieux pense-t-il mais cela reste quand même fort cher.
    En fin de page, il trouve une annonce pour un institut qui propose de devenir bilingue en anglais pour 20 euros. C’est exactement ce qu’il me faut se dit-il et il décide d’aller visiter cet organisme. Il arrive dans une sombre ruelle, au numéro indiqué dans l’annonce, devant une porte agrémentée d’une sonnette et d’une petite plaque au nom de l’institut. Il sonne à plusieurs reprises ; au bout de quelques minutes un petit homme chauve lui ouvre la porte.
    Le Français lui demande : « c’est ici les cours d’anglais qui rendent bilingue pour 20 euros ? ».
    Le petit homme chauve lui répond : « if, if, between ».

  • J ai vécu 10 ans en Irlande et 2 ans en Angleterre
    Donc anglais courant et je postule a des emplois
    Demandes bilingue anglais
    Et parfois on me dit
    On a trouve plus bilingue que vous
    Bizarre comme réponse
    Je connais plein de gens qui se disent bilingue
    Tout ça car ils ont passe un wk a Londres

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